Chères/Chers ami(e)s lecteur(trice)s, j'ai maintenant créé mon propre site internet qui hébergera désormais mes reportages, portraits, notes de dégustation et autres infos.
Alors rendez-vous sur www.notesvineuses.com
À bientôt!
Chères/Chers ami(e)s lecteur(trice)s, j'ai maintenant créé mon propre site internet qui hébergera désormais mes reportages, portraits, notes de dégustation et autres infos.
Alors rendez-vous sur www.notesvineuses.com
À bientôt!
Je l’ai déjà écrit, sur ce blog et dans d’autres publications, Géraldine Laval et le Clos Maïa sont promis à un bel avenir. Dans son numéro de février, où elle consacre tout spécialement une dégustation au Grenache, la Revue du Vin de France ne manque d’ailleurs pas de relever le talent de cette jeune vigneronne, sur la base de son premier millésime, 2009 (voir ma note de dégustation sur ce même millésime ci-dessous).
Titulaire de plusieurs diplômes de choix (BTS commerce en vins et spiritueux, BTS viticulure-oenologie, diplôme national d’œnologie) Géraldine Laval s’est surtout formée chez quelques-uns des
plus grands vignerons de France.
Elle a ainsi pu travailler avec Olivier Leflaive en Bourgogne, Jean-Louis Chave dans la Vallée du Rhône et Olivier Jullien en Languedoc. Avant de rencontrer Olivier Jeantet (Mas Haut-Buis, Terrasses du Larzac) dont elle est aujourd’hui la compagne.
À la Vacquerie, où elle a son chai dans une ancienne laiterie, elle en dit un peu plus sur son parcours et ses projets. Interview.
Pourquoi avoir choisi le Languedoc alors qu’il y avait des vignes dans ta famille à Bordeaux ?
À Bordeaux j’ai fait un stage au Château Cantenac-Brown où j’ai vu ce que je ne voulais pas faire. Mais surtout, il manquait les trois éléments qui me sont indispensables pour que je me sente
bien dans un endroit : la roche, le végétal et l’eau. Il y avait trois terroirs qui m’attiraient : Irrouléguy où ce n’est pas évident de s’installer, Calce (Pyrénées Orientales) où la sécheresse
et les petits rendements me faisaient peur, et le nord des Terrasses du Larzac (Poujols, Lauroux) à cause de l’altitude, de la présence de l’eau et de sols drainants calcaires. Le stage que j’ai
pu faire chez Julien Zernott au domaine du Pas de l’Escalette a été décisif dans mon choix.
Tu as fait des études d’œnologie, est-ce qu’elles te servent aujourd’hui ?
Le BTS commerce en vins m’aide à comprendre comment vendre mon vin selon mon idéal, ça m’économise beaucoup de temps de réflexion. Le BTS en viticulture à Beaune m’a appris beaucoup de choses
grâce à des professeurs qui vinifiaient eux-mêmes. On recevait donc bien plus que de la théorie pure. Ca m’a aussi permis de faire un stage chez Olivier Leflaive. Quant au diplôme national
d’œnologie (DNO), il ne m’a pas vraiment servi. J’ai été déçue de l’enseignement, que j’essaie d’oublier aujourd’hui. En revanche, c’est grâce au DNO que j’ai pu aller travailler chez Jean-Louis
Chave.
Justement que retiens-tu de tes rencontres avec quelques-uns des plus grands vignerons de France ?
Chez Chave, j’ai vu ce que je voulais faire, j’ai énormément appris sur la précision, la méticulosité. J’ai aussi passé pour la première fois du temps dans la vigne pour mieux connaître le cycle
végétatif. Au domaine du Pas de l’Escalette, j’ai découvert les cépages et les sols des Terrasses du Larzac. Enfin, chez Olivier Jullien, j’ai pu parfaire mes connaissances sur la vigne, aller
plus loin encore dans la précision, la rigueur. Avec lui, on réfléchit aussi constamment à ses actes, à ses choix, aux décisions à prendre. Ca a été une très belle expérience, totalement dans le
sens de ce que je me voyais faire.
Et le Clos Maïa est donc né dans la foulée…
Peu après. Olivier Jullien m’a d’abord indiqué des noms de villages où je pourrais m’installer. Et puis j’ai rencontré Olivier Jeantet (Mas Haut-Buis) qui m’a montré des vignes et le Clos Maïa a
vu le jour en 2009 avec un peu plus de 4 hectares (2 hectares de Grenache, 1,5 hectare de Syrah et le reste en Carignan, Roussanne , Terret-Bourret, Œillade et Aramon). C’est aussi Olivier
Jeantet qui m’a rassuré à mes débuts car ce n’est pas évident quand il faut faire seul tout ce que l’on faisait de manière très encadrée auparavant.
Produire un vin 100% Grenache à son premier millésime c’est assez courageux, non ?
Peut-être mais je n’avais pas le choix, du moins pas pour la grande cuvée. Je n’aime pas autant la Syrah d’ici que celle du Rhône septentrional, et je ne possédais pas assez de Carignan. En plus
je ne savais pas que 2009 serait une année solaire. J’ai donc dû faire avec ce que j’avais, sans trop me poser de questions, et sans compromis. Finalement, j’ai eu beaucoup de chance car j’ai
définitivement compris qu’on ne produisait un vin qu’avec le raisin qu’on a. J’ai même probablement gagné quelques années à ne pas trop gamberger sur le thème du vin idéal !
Et maintenant, comment vois-tu ces prochaines années ?
Puisqu'on parle d'idéal, j’aimerais construire un nouveau chai, toujours à La Vacquerie, où il y a davantage de fraîcheur. J’aimerais un chai qui corresponde totalement à mes objectifs et à
mon idéal sur le plan technique et qui permette des vinifications avec un minimum d’intervention. Je vais aussi vers une utilisation plus parcimonieuse du bois, en privilégiant les cuves en béton
et les foudres. J’aimerais aussi pouvoir acquérir davantage de Carignan, de Cinsault et d’Oeillade sur les mêmes terroirs d’altitude tout en ne dépassant pas une surface maximum de 6,5
hectares.
Quels sont tes vins préférés et ta plus grande émotion en dégustation ?
J’aime évidemment les vins du Mas Haut-Buis mais aussi ceux du Mas Jullien, de Gauby, du Clos Rougeard, de Huet, de Clape, de Jamet, d’Overnay, sans oublier Henri Bonneau. J’ai eu l’occasion de goûter deux fois une Romanée Conti, avec des souvenirs extraordinaires. Mais mon plus grand émoi reste un Cailloutis 1996 du Mas Jullien.
LE CLOS MAÏA EN BREF:
Terroir
À quelque 400 mètres d’altitude, le terroir est façonné majoritairement par une géologie argilo-calcaires. Il reçoit plus d’eau que la moyenne en Languedoc, c e qui est un grand avantage avec des
sols drainants évitant tout stress hydrique. La profondeur de ces sols permet en outre aux racines de plonger facilement et les éboulis calcaires procurent un supplément de minéralité. Cette
association entre fraîcheur et humidité est le cocktail parfait pour produire des vins racés, droits et digestes. A cela s’ajoute la présence régulière d’un vent venu du nord, véritable
antibiotique naturel, favorisant une culture en bio.
Viticulture
Aération des sols, griffage, labours en surface afin de redonner de la vie au sol.
Pas de désherbant.
On laisse la vigne se régénérer sans trop la restreindre.
Taille à deux yeux ou trois yeux francs.
Pas de vendange en vert ni d’effeuillage sauf en cas de millésime particulièrement humide.
Traitements au soufre et au cuivre à doses homéopathiques.
Soufre en poudrage dès la floraison.
Recours à des extraits de pépins de pamplemousse pour renforcer l’action du soufre et du cuivre, notamment contre le mildiou.
Certification bio en cours, application de certains principes de la biodynamie.
Vinification
Les vinifications ne suivent pas un schéma type, c’est la qualité du raisin qui décide.
Pour les rouges, il n’y a pas d’éraflage-foulage systématique. Aucune acidification, aucun enzymage n’est pratiqué. En revanche, l’utilisation de levures indigènes est une constante. Les remontages et les pigeages ont lieu en fonction de la dégustation avec un souci de faire primer l’infusion sur l’extraction. L’assemblage du jus de goutte et du jus de presse n’est pas impératif.
Le Petit Clos est élevé un an en cuve tronconiques en béton alors que le Clos Maïa fait sa fermentation en foudre Stockinger de 2000 litres et y finit son élevage, idéalement d’une durée de deux ans. Le Clos Maïa blanc débute quant à lui sa fermentation alcoolique en cuve puis fait le reste des fermentations en barriques à une température oscillant entre 18 et 21°C. Géraldine Laval pratique une légère oxygénation à l’aérateur d’aquarium. Si l’élevage du Clos Maïa blanc 2009 a duré deux ans, celui du 2010 ne sera que de neuf mois. Les vins ne subissent ni collage ni filtration.
Avec son frère aîné Frédéric, Emmanuel Humbert est à la tête d’un domaine de 7 hectares à Gevrey-Chambertin.
Leur grand-père Fernand Dugat était un des deux seuls pépiniéristes à Gevrey-Chambertin. Il allait sélectionner et greffer lui-même les meilleurs Pinot. Il a d’ailleurs laissé aux frères Emmanuel et Frédéric Humbert des vieilles vignes de 80 ans. Ce qui fait dire à Emmanuel qu’il est dès lors « assez facile de faire des bons vins avec un tel héritage. »
Ce dernier s’occupe principalement de la viti-viniculture alors que Frédéric est davantage au bureau. Quant au vignoble, il est constitué de 2,5 hectares de grand cru, 1,5 hectare de premier cru et de village, 0,5 hectare de Fixin et 2 hectares de Bourgogne. Il est travaillé selon les principes de l’agriculture raisonnée, avec le maximum possible de labours. Et une partie des activités au chai se déroule au rythme du calendrier lunaire.
Immédiatement devant le domaine, les vieilles vignes de Craipillot reposent sur un sol argilo-calcaire, alors qu’un peu plus loin, les terroirs de Poissenot, la Petite Chapelles, Estournelles-St-Jacques et la Combe de Lavaux se feront résolument plus minéraux avec une couche de terre deux fois moins épaisse.
« Les parcelles ne se ressemblent pas mais les vendanges et la vinification restent pareilles, c’est donc uniquement le terroir qui fait la différence », souligne Emmanuel Humbert.
Acidité plutôt que maturité
Un petit rire secoue sa carrure d’ancien rugbyman quandil nous assène qu’ « au début, son frère et lui produisaient des vins trop acides auxquels ils rajoutaient encore de l’acide tartrique ! » Une manière de faire comprendre que trente vinifications plus tard, le domaine a trouvé son style et son caractère. « Tout en nous assurant d’atteindre un bel équilibre, nous continuons à rechercher l’acidité plutôt qu’une maturité poussée à la limite », poursuit Emmanuel. « D’aillleurs, je n’aime pas trop les vieux vins, je préfère ceux qui sont frais et friands. »
Levures indigènes
En cave, après une macération préfermentaire à froid (5-6 jours à 15°C), la vinification se veut traditionnelle, avec des levures indigènes et une préférence aux remontages plutôt qu’aux pigeages. Ensuite, les interventions sont réduites au minimum avec un soutirage pendant la fermentation malolactique et un autre durant les 16 à 18 mois d’élevage, puis une mise en bouteille sans collage ni filtration.
L’élevage se fait en fûts neufs à 100% pour les premiers crus et le gr and cru et à 40% pour les villages. La chauffe des barriques, qui viennent de chez François Frères pour une partie et de Séguin-Moreau pour l’autre, est minimale. « Quand la matière première est bonne, le bois neuf apporte une touche de vinosité supplémentaire et patine davantage les tanins », estime Emmanuel Humbert. «Et après quelques années, il se fond totalement. »
Vigneron depuis 1983, âgé de 45 ans, Emmanuel Humbert n’hésite pas encourager les jeunes viticulteurs de Gevrey-Chambertin. « Ils y en a de très forts, ils en veulent et possèdent beaucoup de connaissances, ils sont meilleurs que nous à leur âge, » dit-il volontiers.
Son meilleur souvenir de dégustation reste un Mouthon-Rotschild 1988 pour son boisé formidable. « Cela m’a fait beaucoup réfléchir sur le bois neuf », dit-il. Mais il apprécie particulièrement plusieurs autres domaines de Bourgogne (Denis Mortet, Armand Rousseau, Arnoux-Lachaux) et d’ailleurs (notamment Rayas et Charvin à Châteauneuf-du-Pape).
Crus 2010 dégustés sur fût
Emmanuel Humbert nous a reçus plusieurs heures à son domaine et fait déguster la quasi totalité de ses 2010 sur fût. Voici quelques notes sélectionnées :
Craipillot 1er cru 2010
Sans doute l’un des vins les plus élégants et les plus « féminins » réalisés par le domaine Humbert. Vinifié avec 30% de raisins non éraflés et élevé à 100% dans le bois neuf, il se distingue par ses arômes floraux (violette mais aussi fleur d’abricotier) et une bouche élancée, aux tanins déjà raffinés.
Petite Chapelle 1er cru 2010
D’une belle droiture, avec ses notes torréfiées renforcées par une minéralité bien présente, cette cuvée possède un peu plus de structure mais ne se dépare pas de la finesse de texture et de la tendresse des tanins recherchées par Emmanuel Humbert et qui expriment bien le terroir plus calcaire de la Petit Chapelle.
Poissenot 1er cru 2010
Il est produit 4000 bouteilles de Poissenot (contre respectivement 900 et 600 pour Craipillot et Petite Chapelle). Avec un hectare de vignes d’une moyenne d’âge de 40 ans, le domaine Humbert possède la moitié de cette appellation (les domaines Mortet, Dugat-Py et Geantet-Pansiot se partageant le reste). Le vignoble bénéficie d’une belle exposition au sud, avec des journées chaudes et des nuits très fraîches qui confèrent au raisin un équilibre magnifique. On retrouve dans le vin cette harmonie entre minéralité et maturité du fruit.
Estournelles Saint-Jacques 1er cru 2010
Les vignes de cette parcelle ont 60 ans et produisent de très petites baies. La cuvée 2010 présente un nez certes encore boisé mais bien marqué par les fruits noirs aussi. En bouche, c’est le vin le plus riche, le plus opulent et le plus structuré de la série, le plus tannique également. Il va s’assouplir avec le temps.
Charmes-Chambertin Grand Cru 2010
Vinifié avec un tiers de grappes entières, le grand cru est à la fois dense et complexe, avec un supplément de profondeur et d’allonge. Les notes torréfiées de l’élevage ne masquent pas le friand du fruit. Il a un bel avenir devant lui.
Millésime 2009
Domaine Humbert Gevrey Chambertin 1er cru Poissenot 2009
Au nez, les arômes floraux (pivoine, rose), épicés (réglisse) et boisés sont bien présents. En bouche, la texture se fait caressante, certes encore dominée par son élevage mais évoluant sur des
tanins racés et une finale bien équilibrée.
Domaine Humbert Gevrey Chambertin 1er cru Estournelles St-Jacques 2009
Dans sa robe d’un grenat dense et foncé, ce vin exhale au nez des senteurs de thé noir, de rose et de cerise enrobées d’un boisé élégant. La bouche offre de la rondeur et de la finesse, un
toucher velouté, une matière dense et structurée avec des notes boisées, réglissées et poivrées, des tanins délicats et une finale de belle longueur.
Ils vivent ensemble dans la vie comme dans la vigne, partagent le même idéal et la même philosophie quant aux vins qu’ils veulent réaliser mais ne font pas pour autant domaine commun.
Tant mieux, car ainsi les talents s’additionnent au lieu de se fondre et au final les cuvées sont plus nombreuses avec des caractères différents, leurs personnalités propres.
À la Vaquerie, au cœur du Larzac, à près de 800 mètres d’altitude, le Clos Maïa de Géraldine Laval est dans le haut du village, sur les premiers contreforts du col du Vent, le Mas Haut-Buis d’Olivier Jeantet dans le bas, là où s’ouvre le plateau qui conduit au cirque des Navacelles. Une situation idyllique dans un paysage féérique, classé récemment au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les vignes s’imbriquent entre étendues apaisantes et diversité foisonnante de paysages, à une quinzaine de kilomètres en contrebas, sur les terrasses du Larzac, un terroir constitué essentiellement d’éboulis calcaires et marqué par des journées chaudes, des nuits froides et une pluviométrie non négligeable, autant d’atouts qui lui assurent de la fraîcheur et le préservent du stress hydrique.
Une douzaine de parcelles composent les quelque 11 hectares du Mas Haut Buis, contre sept pour le Clos Maïa et ses 4,5 hectares. Des vignes dont une grande partie est âgée de plus de 60 ans et où le Grenache domine, accompagné par du Carignan et de la Syrah en rouge, de la Roussanne, du Chardonnay et du Terret-Bourret en blanc.
Les vendanges du millésime 2011 se sont étalées sur un mois. Elles ont commencé le 22 août déjà avec la rentrée des Chardonnay. Une date exceptionnellement précoce, due à une année compliquée (voir le descriptif du millésime ci-contre).
Les Syrah ont été récoltées le 5 septembre, avec 15 jours d’avance, suivies des Grenache pour le rosé du Clos Maïa et de la Roussanne. Le reste des Grenache, le Terret-Bourret et le Carignan ont été rentrés entre le 12 et le 21 septembre. « Lors d’une vendange normale sur nos terroirs, nous les rentrons au début octobre, » précise Olivier Jeantet.
Floraison hétérogène
La complexité de ces vendanges résulte d’une floraison hétérogène et donc de maturités très différentes d’une parcelle à l’autre. « Il y a eu des départs de maturité, puis des blocages de maturité, il a donc été difficile d’anticiper et de décider. Ensuite, il a fallu trouver le juste équilibre entre le bien mûr et le mûr, sans perdre les acidités, » poursuit Olivier.
Reste que les passages répétés et les nombreux prélèvements que Géraldine et Olivier ont effectués dans leurs vignes, et la patience dont ils ont su faire preuve, ont permis de récolter des raisins d’une très belle qualité sanitaire et dotés d’une excellente acidité.
Et Olivier d’ajouter : « Le travail en bio que nous entreprenons depuis de nombreuses années nous assure d’avoir un état sanitaire quasi irréprochable alors que bien des vignerons de la région qui continuent à utiliser des produits chimiques ont été davantage affectés par l’ oïdium et le mildiou. »
Les rendements d e 2011 (en moyenne 36hl/ha) ont été un peu inférieurs à ceux de 2010, mais il convient de rappeler que 2010 a été une année exceptionnelle.
Moins de bois
Au chai, tant Olivier Jeantet que Géraldine Laval vont poursuivre l’orientation prise ces deux dernières années vers une utilisation plus parcimonieuse – et sur tout différente – du bois pour les élevages. Ainsi les barriques bordelaises ont quasiment disparu au profit des demi-muids (300, 400 et 500 litres) et désormais deux foudres Stockinger de 2000 litres (un dans chaque chai).
« L’acquisition de cuves tronconiques en béton a changé mes techniques de vinification, avec des extractions plus en finesse. Pour les Carlines, j’ai abandonné l’élevage sous bois afin de rester résolument sur un profil de vin de plaisir avec du fruit et de la tension. Le Costa Caoude ne va plus qu’en demi-muids et en foudre. Dans le futur, il en sera de même pour les Agrunelles. D’une manière générale, je me suis rendu compte que les volumes de bois plus grands sont ce qui convient le mieux à mon style de vin et à nos terroirs, » explique Olivier Jeantet.
L’approche n’est guère différente au Clos Maïa, où Géraldine Laval ne veut plus qu’un boisé minimum et très fin. Ainsi le Petit Clos ne connaît que le béton et le Clos Maïa rouge seulement le foudre.
Il est de ces soirées où miroite un peu du reflet de l’éternité et qu’on voudrait accrochées à la galerie des moments insondables, inoubliables.
Où tout semble baigner dans une lumière légère, aérienne, coalescence de rayonnements vaporeux.
Où, évidemment, saveurs et flaveurs irradient la communauté des convives et où la présence de ceux-ci, comme par enchantement, se nappe d’un florilège d’émerveillements et d’attention, de
surprises et d’allégresse.
Où la nuit est lunaire...
Et où il est question de deux frères, des amis (avec un grand A), dont la générosité (avec un grand G) n’a d’égale que leurs multiples talents médicaux, linguistiques ou culinaires, qu’ils
expriment avec une passion et un enthousiasme inébranlables.
Daniel et Christophe aiment
ainsi concocter ces repas où, tels des chefs d’orchestre minutieux et malicieux, ils conçoivent, élaborent, développent,
préparent, réalisent – interprètent devrais-je écrire – leur partition-menu et régalent leurs invité(e)s.
Il y en avait plus de trente cette fois sur la terrasse olympienne de Daniel et le récital, vous le savez déjà, fut somptueux.
Échafaudé sur la symphonie des découvertes, il en est jailli une sarabande de parfums d’ici et surtout d’ailleurs, fleurant résolument le sud et les épices.
Alors merci Daniel, Christophe et les maîtres marmitons – Gil, Isabelle, Luca, Marco.
***
Chargé de la sommellerie, j’ai proposé de sortir un peu des sentiers battus afin de prolonger l’idée directrice du menu et d’aller à la rencontre de cépages et régions moins connus mais non moins
intéressants.
Menu:
Apéritif
Limonade « Isabelle »
« Les pays latins du vieux monde réunis »
Cappuccino froid de petit pois à la coriandre
Grissini maison avec caviar d'aubergines
Feuilleté de légumes et Burrata au pesto de coriandre
Vin: Viña Oropendola, Verdejo, Rueda 2010
« L’Asie et l’Europe réunies»
Soupe froide de tomates et Granité de basilic
Thon frais mariné au gingembre confit et fraise
Sardines provençales « Daniel »
Vin : Henri Chollet, « La bouteille de derrière les fagots », Villette 2009
« Bella Italia »
Crostini aux tomates et beurre de lavande
Crostini au jambon de parme, figue et menthe
Bruschetteconfits de tomates et d’olives noires
« L’Amérique latine »
Mojito concombre menthe
Coxinhas « Gil et Maura »
Bolinhos de bacalhau « Gil »
Vins : Terre Sabaude, Roero Arneis 2009
Dom. Armando Parusso, Piani Noce, Dolcetto d’Alba 2009
« Pour les amateurs de pâtes »
Ravioli fatti in casa « Luca e Daniele »
Ravioli al pecorino Toscano
Ravioli al formaggio di Cabra
Ravioli al Parmigiano
« Viandes du grand maître jurassien »
Viande du grill « Maître Christophe »
Vins : Di Majo Norante, Riserva, Aglianico del Molise 2005
Palacios, Pétalos del Bierzo, 2008
«Tentations douces de Luca, Daniel et Isabelle »
Sorbets fait maison (Fruit de passion, Limes, Cupuaçu, Ananas et basilic, Cacau, Chocolat amer pimenté)
Gâteaux
Photos: Ceiça Knobel
Notes de dégustation des vins :
Viña Oropendola, Verdejo, Rueda 2010
Un vin blanc léger, à la vivacité rafraîchissante et aux arômes de poire et d’agrumes, parfait pour commencer et aiguillonner les papilles gustatives !
Henri Chollet, « La bouteille de derrière les fagots », Villette 2009
Issu de Plant du Rhin (c’est sous ce nom que le cépage Sylvaner fut introduit en Suisse romande il y a environ un siècle) et de vignes presque centenaires adossées aux murs de pierres du
Lavaux, choyées par l’un des vignerons emblématiques de la région, voilà un vin au profil aromatique bien marqué, sur les fruits mûrs (pêche, coing) avec une touche exotique (ananas) et miellée
très présente et un petit côté rôti dû à ce millésime solaire. La bouche est grasse et dense, mais reste très digeste.
Terre Sabaude, Roero Arneis 2009
L’Arneis est le principal cépage blanc du Piémont. Il exprime bien ici la minéralité de son terroir de marnes calcaires, tout en déployant de l’onctuosité en bouche. Cet équilibre, ajouté à une
bonne persistance, donne à ce vin un attrait certain.
Dom. Armando Parusso, Piani Noce, Dolcetto d’Alba 2009
Produit par Marco Parusso (le fils d’Armando), un des papes du Barolo, ce Dolcetto d’Alba est l’archétype du vin de plaisir immédiat, bien fait, charmant, coulant. Tout fruit dehors (cerise
noire, mûre et framboise), légèrement floral (violette), il développe une matière charnue, gouleyante, avec de la mâche et de la fraîcheur, aux tanins des plus avenants.
Di Majo Norante, Riserva, Aglianico del Molise 2005
Vieux cépage d’origine grecque, l'Aglianico a été introduit dans le sud de l’Italie il y a plus de 2000 ans, probablement par les Phéniciens. De maturité tardive mais doté d’une importante
acidité naturelle et d’une évidente tannicité, il offre généralement un équilibre bienvenu à des vins de moyenne à longue garde. D’aucuns le surnomment d’ailleurs le “Barolo du sud”. En Molise,
il est remarquablement mis en valeur par les DiMajo Norante, vignerons depuis 1800 et désormais adeptes de la viticulture biologique. Ce Riserva 2005 présente un nez complexe d'amande, de cerise
et de myrtille écrasée avec des notes florales (rose), épicées (réglisse, poivre) et fumées. En bouche, l'attaque est fraîche, dans une matière structurée, assez ample, pourvue d'une belle
acidité, où l’on retrouve des arômes de cerise et de rose. Les tanins sont fermes mais fins et la finale ne manque pas d’allonge. Un vin harmonieux qui a encore quelques belles années devant
lui.
Palacios, Pétalos del Bierzo, 2008
Provenant à 100% du cépage local Mencia, ce Pétalos del Bierzo des frères Ricardo et Alvaro Palacios s’ouvre sur des arômes de baies noires bien mûres (cassis, myrtilles) et des notes
empyreumatiques (cacao, fumée) et boisées. La bouche est tout en rondeur, d’une certaine puissance, aux tanins soyeux. Un vin séducteur, moderne.
| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||